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Les femmes détenues, un public minoritaire

Malgré le manque de statistiques officielles précises et régulièrement actualisées, on estime qu’il y a environ 500 femmes dans les prisons belges, réparties dans neuf établissements pénitentiaires – seule la prison de Berkendael à Bruxelles n’accueille que des femmes – soit 4 à 5 % de la population carcérale. 

Un public avec des besoins spécifiques mal ou non pris en compte

Les femmes, ou personnes se reconnaissant comme telles, constituent un public vulnérable presque invisibilisé en prison. Pourtant leurs besoins spécifiques en termes d’hygiène (accès à des installations sanitaires, à des protections périodiques adaptées en suffisance, etc.), de santé mentale au vu des vécus de violences, de santé sexuelle et reproductive mais aussi en termes de maternité et de gestion des enfants, sont nombreux. Actuellement, les prisons belges et leur organisation n’ont pas été pensées pour accueillir des femmes et répondre à leurs besoins sexo-spécifiques.

« Plusieurs m’ont dit aussi « la prison, ça m’a sauvée ». Sauver, c’est un grand terme… Elles disent ça parce qu’en prison, elles ne se font plus violer, elles ne se font plus battre. Certaines disent avoir porté plainte plusieurs fois contre leur compagnon, mais n’avoir jamais été entendues… En prison, elles ont la possibilité de divorcer d’entreprendre des démarches, ce qu’elles ne pouvaient pas faire dehors par crainte des représailles ».

Joel M., La sexualité en prison de femmes, Presses de Sciences Po, 2017

I.Care se mobilise à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes
 

Chaque 8 mars, I.Care se mobilise plus particulièrement auprès des femmes détenues.  

 

Habituellement, nous distribuions une rose aux femmes détenues à Berkendael (Bruxelles), attention anodine en société libre mais symbolique en détention, puisque les fleurs leur sont inaccessibles. L’année passée, en raison des restrictions liées au covid-19, nous n’avions pas pu réitérer cette action (les objets entrants en prison devant être isolés pendant 24h avant d’être distribués, les fleurs auraient été fanées). Nous avions alors fait le choix d’offrir un savon artisanal, produit d’hygiène de première nécessité. Ce cadeau a été très apprécié car il répondait à un besoin des femmes détenues et était également une façon d’aborder plus largement les questions d’hygiène en prison.

 

Cette année, à Berkendael, Mons et Marche-en-Famenne, nous avons opté pour le choix d’un masque pour le visage et d’une crème hydratante. Il s’agit là encore de produits auxquels les femmes ont habituellement peu accès en prison et qui permettront, nous l’espérons, d’ouvrir la discussion. Un pot de crème sera également offert aux agentes présentes dans la prison ce jour-là. 

Par ailleurs, à Mons et Berkendael, une banderole reprenant les grandes dates de l'évolution des droits de femmes sera déployée afin d'engager la réflexion et les discussions sur ce sujet.

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Slogans femmes
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Porter la voix des femmes détenues

Par ailleurs, I.Care participera à la manifestation organisée à Bruxelles le 8 mars. Nous avons sollicité les femmes détenues de Mons et de Berkendael pour récolter leurs témoignages et slogans que nous mobiliserons ce jour-là (pancartes, publications sur notre site Internet, etc.). 

A Marche, un atelier collectif a été organisé au quartier femmes pour préparer deux pancartes qui seront utilisées lors d’une manifestation le 8 mars. 

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